Motricité libre

C'est Emmi Pikler (1902-1984) qui a introduit ce concept qui consiste à laisser libre cours à tous les mouvements spontanés de l’enfant sans les lui enseigner. C'est dans son institut Lóczy, à Budapest qu'elle a observé de nombreux bébés et leur développement psychomoteur. Celui-ci se déroule spontanément dans un ordre donné et permet à l'enfant d'apprendre par lui-même, en prenant du plaisir.

 

Le développement musculaire part des muscles de devant pour arriver aux muscles de derrière.

 

Au tout début, le bébé, sur le dos mouline avec ses mains et pédale avec ses pieds, il est tonique des membres.

 

Puis, il parvient à tourner la tête et à visualiser les objets autour de lui, ce qui lui donne envie de les attrapper. Il commence alors à aller en torsion, ce qui fait travailler ses abdos.

Lorsqu'il part en torsion, il fait travailler ses muscles obliques (le dos ne travaille pas). Lorsqu'il amorce des roulers, les abdos travaillent avec en point de pivot, le bassin.

 

Puis il finit par se retrouver sur le ventre et redresse la tête en sollicitant ses muscles dorsaux puis cervicaux. Ces nouvelles perspectives, lui donnent envie de faire des allers-retours dos/ventre.

 

 

Lorsqu'il s'est suffisamment musclé les abdos, il se met à 4 pattes. Le fait de se déplacer à 4 pattes fait travailler les abdos qui sont ensuite suffisamment costauds pour permettre à l'enfant d'aller spontanément en position assise. Lorsqu'il parvient à s'assoir tout seul, on peut considérer que sa musculature dorsale est compétente.

 

Ensuite, le bébé peut se redresser tout seul, toujours en sollicitant ses abdos. La posture debout lui permet de muscler le bas de son dos : la lordose s'installe et lorsque les muscles dorsaux sont compétents, c'est l'acquisition de la marche.

 

En conclusion, le bébé est doté des compétences nécessaires pour un bon développement psychomoteur, il n'a pas besoin de transat pour apprendre à se tenir assis, ni qu'on le force à prendre cette position en le calant avec des coussins, ni qu'on lui tienne les mains pour le faire marcher. En respectant son rythme, on lui permet de se muscler dans le bon ordre et de lui éviter du stress qui est nocif pour son bon développement.

 

La motricité libre, c'est renforcer la confiance de son enfant en ses capacités et son propre jugement!