"Etre parent n'est pas un jeu d'enfant" - Retour sur la conférence d'Isabelle Filliozat à Lyon 03/10



Samedi 3 octobre, j'ai assisté à la conférence d'Isabelle Filliozat, à Lyon, voici un résumé de cet événement.

Isabelle Filliozat ouvre la conférence en utilisant une métaphore, celui de l'oeil au beurre noir que l'on peut voir sur son visage. Elle explique qu'elle aurait pu le camoufler mais préfère rester dans l'authenticité. Si cet oeil au beurre noir était arrivé à un enfant, on aurait pu observer différentes réactions de la part de ses parents :

- culpabilisation : "qu'est-ce que tu es maladroite, tu aurais pu faire attention..."

- hyperprotection : "ma pauvre petite chérie..."

et toute la palette possible entre ces deux réactions.


Souvent on reste au niveau du contexte social face à ce type d'événement : qu'est-ce qui s'est passé pour la personne?

Cependant, chaque événement a des causes plus profondes qui nous relient les uns aux autres et lèvent les jugements.

Ce qui nous relie les uns aux autres, c'est l'émotion.


Comment passer du jugement envers les autres et envers nous-mêmes à la compassion, à l'écoute du coeur des autres, de nos enfants et de soi?


Avant d'avoir des enfants, on vit dans un monde merveilleux : le pays de la théorie. Tout s'y passe bien, on ne réalise pas la réalité du terrain. Or être parent implique une vague de bonheur et d'amour mais peut aussi rimer avec film d'horreur et cauchemar.

Un bébé qui pleure, c'est stressant. On n'a pas appris ce qui se passe quand bébé pleure. Normalement, lorsqu'on se retrouve face à un bébé qui pleure, on ressent de la douleur, qui nous pousse à prendre soin de lui.

Avant, on nous disait qu'un bébé devait dormir dans sa chambre, or aujourd'hui, c'est écrit dans le carnet de santé, il est conseillé de faire dormir le bébé dans la chambre de ses parents au moins les six premiers mois de sa vie.

Lorsqu'une maman allaitante dort avec son bébé, les ondes du sommeil sont modifiées par les hormones du sommeil, elle se cale sur celui de son bébé. La fatigue se fait donc moins ressentir puisque le bébé n'a pas besoin de pleurer et de se réveiller totalement.

Si le bébé dort dans sa chambre, ses parents n'entendront pas forcément les pré-cris, le bébé doit donc se réveiller, pleurer, ce qui est plus fatigant pour toute la famille.


Plaçons nous du point de vue du bébé :


Le bébé pleure, le parent arrive et le bébé est alors rassuré. A l'inverse, si le bébé pleure et que le parent ne vient pas, le pleur finit par s'assimiler au sentiment d'abandon, à la douleur...


Ainsi plus tard, l'adulte surréagit lorsqu'il entend des pleurs puisque ces derniers sont associés à la douleur et à l'inconfort.


Quels sont les agents stresseurs qui nous empêchent de profiter pleinement de nos enfants? En effet :

- 10 à 15% des mamans vivent un burn out maternel

- 100% d'entre elles sont confrontées à l'épuisement.


Parmi les agents stresseurs, on peut citer :

- les nombreux réveils

Une maman perd en moyenne 600h de sommeil la première année de vie de bébé.

- l'isolement

On a besoin de se relier les uns aux autres, de créer des réseaux. Les contacts sociaux sont utiles.

- la répétitivité des tâches

Au travail, les tâches une fois accomplies sont valorisantes alors que changer 10 fois la couche d'un nourrisson dans la journée n'est pas valorisé.

- l'imprévisibilité

Avec des enfants, si l'objectif est de partir faire des courses à 11h alors ça s'anticipe à 7h et encore, au moment de partir, il est très fréquent de devoir changer une couche et ainsi tout recommencer...

- le manque de gratification

C'est pourtant si utile de se remercier les uns les autres plusieurs fois par jour.

- les automatismes

On croit qu'on peut élever nos enfants comme on le souhaite mais on porte toute notre propre éducation sur nos épaules.


Par exemple, que se passe-t-il quand un enfant renverse un verre d'eau?


C'est le circuit de stress qui est activé par l'amygdale cérébrale. Au lieu d'utiliser notre néocortex, c'est une réaction automatique issue de notre vécu qui s'active.



Or, la réaction la plus automatique, la plus directe, la plus saine c'est l'attaque.


Il existe 3 réactions de stress :

- l'attaque

- la fuite

- le figement.


Instinctivement, on attaque l'enfant car il est plus faible, on ne "risque rien". La dépendance de l'enfant à elle seule déclenche une réaction de stress.


Ces mécanismes sont primitifs, ce sont les mêmes que ceux auxquels les hommes préhistoriques étaient soumis lorsqu'ils faisaient face à un tigre à dents de sabre.


En tant que parent, afin de limiter l'impact de nos réactions de stress, tels que les cris lorsqu'un verre d'eau est renversé, un outil utile c'est le nez de clown. Crier avec un nez de clown ajoute un côté ridicule à la situation : l'enfant rit et n'est pas blessé.


Pourquoi attaque-t-on?


On attaque parce qu'on a une responsabilité que ça nous semble plus censé d'attaquer que de fuir.


Statistiquement, quand un papa a un bébé, il a tendance à rester 30 minutes plus tard au travail pour éviter le coup de feu de 18h. C'est une réaction de stress : la fuite.


Avoir un enfant, c'est dur, ça réveille nos blessures d'enfant. Si un papa n'a pas lui même eu un papa qui s'est occupé de lui, la panique s'installe. Un papa se sent d'ailleurs plus en confiance quand la maman n'est pas là, quand il est seul. Souvent, lorsque le bébé commence à pleurer, vite, ce dernier le remet dans les bras de sa maman.


Que se passe-t-il quand un enfant tape?


Il s'agit d'une réaction de stress, il attaque, il a besoin de lancer, de taper. Pour lui enseigner des compétences, on a besoin d'être soi-même disponible.


Image du masque à oxygène : dans les avions, en cas de dépressurisation, un masque à oxygène tombe et les hôtesses de l'air indiquent qu'il faut d'abord placer celui-ci sur notre propre visage AVANT de le donner à notre enfant. Quand moi, adulte, je peux respirer alors je peux m'occuper de mon enfant.

Quand nous crions sur nos enfants, nous réagissons comme nos parents nous ont appris à réagir. Quand on pose le masque à oxygène, on peut alors utiliser notre cortex pré frontal.


Cependant, la société ne nous aide pas beaucoup à le faire : on reçoit beaucoup de jugements.


"Ne te laisse pas faire"

"Il te manipule"

"Tu es en train d'en faire un enfant roi"

...


Longtemps on a cru en ces discours. On a alors essayé de poser des limites.

ça ne marche pas au contraire, ça active le circuit de stress.


On ne nous a pas appris comment fonctionne le cerveau des enfants, ce sont donc des bagarres stériles.


Quand un enfant fait une crise, on nous dit de poser des limites.


Utilisons l'image du lait qui bout : au bout d'un moment il déborde. Or si nous mettons le couvercle, le lait continue de couler puis brûle. C'est plus efficace d'éteindre le gaz.


Sous un symptôme il y a toujours de l'émotion à entendre. Cherchons donc à éteindre le gaz.

Cherchons plutôt à enseigner une compétence, des ressources.


On a été éduqué dans le schéma : amour = récompense


On veut être un bon parent : quelle pression! Cherchons plutôt à être bien avec nos enfants.

Ce sentiment de culpabilité est culturel, c'est un bouton facile à activer.


Quand le père s'implique avec l'enfant, la mère se sent moins coupable. Le sentiment de responsabilité partagée implique une réduction du sentiment de culpabilité.


Le papa a donc besoin d'être présent.


On se culpabilise beaucoup mais l'environnement est aussi responsable des difficultés auxquelles on peut être confronté avec notre enfants : celui-ci abime le cerveau : perturbateurs endocriniens, alimentation, manque de mouvement...


Et la conférence ne s'est pas arrêtée là, encore plein d'informations partagées par Isabelle Filliozat!


Bref, un condensé qui fait réfléchir et donne de l'énergie pour continuer à mieux comprendre nos enfants et profiter de ces moments qui passent si vite malgré tout!





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